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Le tapis dans l'appartement haussmannien

Parquet d'époque, fauteuils en cuir cognac, moulures hautes : dans un appartement parisien de la rive gauche, un décorateur a choisi un tapis très coloré de Jean-Paul Espinosa. Récit d'un projet.

Le tapis dans l'appartement haussmannien

Un parquet d'époque, des fauteuils en cuir cognac, des murs blancs, des moulures hautes. Dans un appartement haussmannien, le tapis arrive toujours après ce décor, et il doit compter avec lui. À Paris, dans le septième arrondissement, un décorateur ami de la maison a refait un appartement de ce type en 2024 et cherchait une pièce capable de dialoguer avec le parquet sans le supplanter : une pièce très colorée, mais qui sache s'effacer quand il le faut. Il a choisi un tapis de la collection PAINTINGS de Jean-Paul Espinosa, tufté main en Inde. Le choix va contre une idée reçue, selon laquelle un intérieur classique appellerait un tapis discret, uni ou ancien. Il montre au contraire qu'une couleur franche trouve sa place dans un appartement haussmannien quand la pièce sait tenir son rang, ni plus ni moins. Au sol, un Espinosa qui prend la lumière.

Que demandait l'appartement ?

Il demandait une pièce qui parle avec ce qui existait déjà. Le parquet d'époque restait le premier élément du lieu, et le tapis ne devait pas lui voler cette place. Il fallait pourtant de la couleur, beaucoup de couleur, dans une pièce aux murs blancs et aux moulures hautes, meublée de fauteuils en cuir cognac.

La demande tenait donc en deux exigences qui semblent s'opposer : être très coloré, et savoir se retirer. C'est souvent le cas dans les appartements de ce type. Les immeubles haussmanniens ont été construits pendant les transformations de Paris dirigées par le baron Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, selon des règlements qui fixaient strictement le gabarit et l'ordonnancement des façades ; l'immeuble de rapport et l'hôtel particulier y servaient de modèles. Un tapis s'ajoute ici à un ensemble qui a déjà sa personnalité.

Le décorateur, un ami de la maison, a cherché la réponse dans ses collections d'artistes. Le showroom de la rue du Bac, où les pièces se voient et se touchent, se trouve dans le même arrondissement.

Pourquoi une pièce de PAINTINGS ?

Parce que PAINTINGS est une collection de couleur, et que sa couleur vient d'un peintre. Jean-Paul Espinosa se tient à la frontière entre art et design : la création artistique donne l'impulsion, puis il conduit cette étincelle jusqu'au bout, dans l'objet. Il aime passionnément la couleur et la travaille avec une grande liberté, dans la spontanéité et l'ampleur du geste. « La couleur passe par moi et je la guide », dit-il.

Le tapis, chez lui, est un lieu à part entière. « Je conçois le tapis comme un territoire : un lieu privilégié, personnel et rassurant, où l'on peut accueillir ses amis et sa famille. » L'artiste pense aussi l'art à l'échelle des lieux : par une approche globale des projets, son travail développe l'intégration de l'art dans l'architecture et le design. Pour lui, l'art ouvre des fenêtres dans nos espaces et rend les lieux vivants pour ceux qui les traversent. Un salon haussmannien, avec son parquet et ses moulures, se prête à cette idée.

Dans la collection, la pièce The Rose concentre tout ce vocabulaire : une couleur travaillée en pleine liberté, entre éclat franc et profondeur. Les autres pièces de PAINTINGS en déclinent l'écriture, chacune avec sa palette.

La collection est tuftée main en Inde, dans l'atelier avec lequel la maison travaille depuis novembre 2000, celui qui maîtrise ses projets les plus complexes et ses grandes maquettes. La traduction de ces toiles en laine s'est faite par tâtonnements : les artisans ont appris à moduler le tuftage pour rendre la touche de l'artiste, et chaque pièce a posé la même question, que garder de la toile et que réinventer dans le textile. Le récit de cette collection se lit dans quand la peinture passe au sol, et les pièces sur la page PAINTINGS.

Le parquet, le cuir cognac, les moulures

La pièce vit aujourd'hui avec les fauteuils en cuir cognac, les murs blancs et les moulures hautes, sans jamais paraître déplacée dans ce cadre classique. Elle prend la lumière, et elle la prend sans supplanter le lieu.

C'est tout ce que la réalisation retient, et c'est beaucoup. Le parquet d'époque garde son rôle. Le mobilier garde le sien. Le tapis apporte la couleur que le décorateur cherchait, et il l'apporte avec la mesure qu'il demandait.

Ce dialogue n'a rien d'un compromis. Une pièce très colorée qui sait s'effacer, c'est une pièce dont les couleurs ont été pensées par un artiste et mises au point par un atelier, jusqu'à trouver leur juste intensité. C'est là que se joue le travail d'édition : choisir la bonne pièce pour le bon lieu.

Un tapis très coloré dans un intérieur classique : à quelles conditions ?

À condition que la couleur ait un auteur et une raison d'être là. Un tapis coloré pris au hasard aurait concurrencé le parquet ; une pièce d'artiste, choisie pour ce lieu, s'y installe parce que sa couleur fait partie d'une œuvre.

Ce projet nuance aussi une habitude de la maison. Elle associe volontiers les pièces de Christian Signorel, graphiques et précises, aux appartements parisiens, et celles de Jean-Paul Espinosa aux maisons, où un tapis qui vit trouve plus d'espace. L'appartement du septième montre que la frontière n'a rien d'une règle : un amateur de couleur peut faire entrer PAINTINGS dans un intérieur haussmannien, à condition de laisser au lieu ce qui lui appartient.

Pour aller plus loin dans le choix d'une couleur, l'article choisir la couleur d'un tapis donne des repères, et le travail d'éditeur qui relie un artiste, une matière et un atelier est décrit dans qu'est-ce qu'un éditeur de tapis. Le projet lui-même figure parmi les réalisations de la maison : appartement haussmannien, Paris 7. D'autres projets menés avec des architectes et des décorateurs sont réunis dans le tapis dans un projet d'architecture intérieure.

Texte rédigé par la maison Diacasan Edition à partir de la réalisation publiée sur notre site, de nos fiches de collection et d'artiste, et d'une source historique citée, octobre 2026.

Sources : Wikipedia, Immeuble haussmannien.

Questions fréquentes

Quel tapis choisir pour un appartement haussmannien ?

Un tapis qui compte avec ce qui existe déjà : le parquet d'époque, les moulures, la hauteur des pièces, le mobilier. Le choix n'impose ni l'uni ni l'ancien. Dans un appartement haussmannien du septième arrondissement de Paris, un décorateur a retenu une pièce très colorée de la collection PAINTINGS de Jean-Paul Espinosa, qui dialogue avec le parquet sans le supplanter. L'essentiel est que le tapis apporte ce que la pièce n'a pas, sans retirer au lieu ce qui lui appartient.

Peut-on poser un tapis coloré sur un parquet ancien ?

Oui, à condition que la pièce laisse au parquet son rang. Un tapis d'artiste aux couleurs franches peut devenir le centre coloré d'un salon tout en laissant le parquet d'époque rester le sol de l'appartement. C'est le parti pris d'un projet réalisé en 2024 dans le septième arrondissement de Paris, où une pièce de PAINTINGS vit avec des fauteuils en cuir cognac, des murs blancs et des moulures hautes.

Qui est Jean-Paul Espinosa ?

Jean-Paul Espinosa est un plasticien lyonnais qui crée des objets à la frontière entre art et design. Il aime passionnément la couleur et la travaille avec spontanéité et ampleur ; pour lui, la création artistique donne l'impulsion initiale, puis il la conduit jusqu'à l'objet. Avec la maison, il signe la collection PAINTINGS, des tapis tuftés main en Inde qui traduisent sa peinture en laine. Sa page artiste présente son univers et ses pièces.

Comment sont fabriqués les tapis PAINTINGS ?

Ils sont tuftés main en Inde, dans l'atelier avec lequel la maison travaille depuis novembre 2000. Le tuftage permet de restituer les nuances et la touche du peintre : les artisans ont appris à le moduler pour chaque pièce, en se demandant ce qu'il fallait garder de la toile et ce qu'il fallait réinventer dans le textile. Les matières varient selon les pièces, laine, Tencel ou viscose, et figurent sur chaque fiche.