Le tapis dans un projet d'architecture intérieure
Hôtel, restaurant, appartement : comment un architecte d'intérieur ou un décorateur engage un projet de tapis avec la maison, du choix de la technique à l'histoire qu'il racontera à son client.

Un tapis noué au Népal se plie, un tapis tufté en Inde se roule. Dans un projet d'architecture intérieure, ce détail de transport en annonce beaucoup d'autres : le choix d'un tapis pour un hôtel, un restaurant ou un appartement se fait avec le calendrier du chantier, la technique, la matière, et l'histoire que l'architecte ou le décorateur racontera à son client. Diacasan travaille avec ces prescripteurs en projet, à partir de ses collections ou d'une pièce pensée pour un lieu, avec les ateliers qu'elle connaît depuis vingt-cinq ans au Népal et en Inde, et avec des ateliers en Italie et en France pour le mobilier et la confection. Ce que les architectes et les décorateurs recherchent tient dans une formule de la maison : des « pièces à histoire racontables au client final ». Chaque pièce en fournit les éléments : un artiste, une technique, un atelier, une durée de relation.
Qu'attend un architecte d'intérieur d'un éditeur de tapis ?
Il attend une cohérence de gamme, une relation simple et la possibilité de comprendre ce qu'il prescrit : qui a dessiné la pièce, comment elle est faite, où, et en combien de temps. C'est ce que les architectes et les décorateurs avec lesquels la maison travaille disent chercher, en France, aux États-Unis ou au Moyen-Orient, et c'est aussi ce qui leur manque le plus souvent chez des fournisseurs aux collections sans profondeur.
La maison y répond par sa nature même. Elle est une maison d'artistes, pas un marchand de tapis : chaque collection porte une signature, chaque fiche indique la technique, la matière, le pays de fabrication et l'atelier, et un seul interlocuteur suit le projet de l'échantillon à la livraison. Le métier d'éditeur, qui consiste à choisir l'artiste, la matière et l'atelier puis à répondre de la pièce, est décrit dans qu'est-ce qu'un éditeur de tapis.
Pour les projets à l'étranger, la provenance compte autant que la pièce. Les artistes de la maison sont français, la maison est parisienne, et c'est souvent ce que recherchent les prescripteurs américains ou du Moyen-Orient. Sandrine Demas formule l'ambition ainsi : « Devenir une image française qui s'exporte, plutôt qu'une marque uniquement française. » Un tapis dessiné à Paris, noué au Népal ou tufté en Inde par des ateliers partenaires de longue date, puis posé dans une résidence ou un hôtel à l'autre bout du monde, porte cette double histoire : celle d'un goût français et celle d'un savoir-faire venu de l'Orient.
Noué ou tufté : la technique se décide avec le calendrier
Le calendrier du chantier oriente souvent la technique avant même le dessin. Pour un grand format noué main, il faut compter quatre à six mois de travail ; pour une pièce de lobby d'hôtel, tous les maîtres d'ouvrage ne sont pas prêts à attendre ce délai.
Le noué main, réalisé au Népal en laine de l'Himalaya filée à la main, est plus souple, plus rustique, et il se patine avec les années. Il convient au grand résidentiel et aux lieux où la pièce doit durer et vieillir avec eux. Comme chaque point demande le même geste, la complexité du dessin y pèse moins sur le prix. Il se plie pour le transport, ce qui simplifie l'acheminement des très grands formats.
Le tufté main, réalisé en Inde, est plus rapide et plus rigide ; il ne se plie pas et se transporte en rouleau. Il permet de tenir des délais plus courts et des dessins très graphiques, et il reste un travail artisanal. La laine de Nouvelle-Zélande, très pure, y est employée pour les blancs et les écrus nets, là où l'irrégularité de la laine de l'Himalaya donnerait des taches. Les laines européennes, travaillées dans les ateliers d'Italie et de France, demandent la même vigilance sur la pureté des blancs. La comparaison complète figure dans noué main, tufté main, et le détail des techniques sur les pages le noué main et le tufté main.
Une pièce pensée pour un lieu
La maison parle de projet : la pièce se construit avec le prescripteur, à partir d'un plan, d'un usage et d'une palette. Elle peut partir d'une collection existante, déclinée dans un format ou un coloris, ou d'un dessin propre au lieu, et prendre les dimensions exactes de la pièce qui l'attend.
Avant la production, les ateliers réalisent des échantillons : ils permettent de juger la couleur, le velours et le relief dans la lumière réelle du lieu, et d'ajuster avant de lancer la fabrication. Pour VUE DU CIEL, il a ainsi fallu ajuster les laines pour qu'elles tiennent la vibration d'un champ vu de haut, chaque plage colorée étant composée de plusieurs teintes. La page Studio présente cette approche.
Quelle histoire raconter au client final ?
Celle de l'artiste, de la technique et de l'atelier, parce qu'elle est vraie et qu'elle se vérifie sur chaque fiche. Une pièce de la maison se raconte en quelques phrases, et c'est précisément ce que recherche un décorateur qui doit convaincre son client.
BESTIAIRE part d'un poulpe vu par Christian Signorel dans une mosaïque de Pompéi, et la forme des tapis vient des camées gréco-romains et des cartouches égyptiens. SUR LE FIL traduit les gravures de petit format de Renaud Allirand en tapis noués main au Népal, en laine, chanvre et soie. GRAND NORD commence par une image, l'ours polaire et la banquise, et bascule dans le réel quand une laine ébouriffée se révèle être l'animal lui-même. VUE DU CIEL naît du regard de Sophie Tolachides, photographe et géographe, sur un paysage agricole vu de haut. À chaque fois, la même structure : un artiste, une matière, un pays de fabrication, une maison qui travaille avec les mêmes ateliers depuis vingt-cinq ans.
Des lieux où les tapis de la maison sont posés
Les réalisations montrent comment une collection s'adapte à un usage. Dans un restaurant ouvert en 2025 dans le sixième arrondissement de Paris, la salle du fond demandait quelque chose de généreux, qui se remarque sans s'imposer : le tapis CHAMP DE BLÉ, coloris Sable, de la collection VUE DU CIEL, a trouvé sa place sous la grande table en bois brut. Le restaurant Le Sahara figure parmi les réalisations de la maison.
À Varanasi, en Inde, un hôtel voulait pour l'une de ses suites une pièce qui dialogue avec la spiritualité du lieu sans en imiter les codes : une pièce NEPALESE RUGS nouée au Népal répond aux bois sculptés du mobilier. Rue du Bac, à Paris, le studio Messieurs a signé en 2023 la scénographie du showroom, en arches de calcaire et en niches, avec un MINOTOR Cuivre ovale qui épouse la courbe de la grande niche du fond. Dans un appartement haussmannien du septième arrondissement, un décorateur ami de la maison a posé une pièce de PAINTINGS de Jean-Paul Espinosa sur un parquet d'époque, un projet raconté dans le tapis dans l'appartement haussmannien.
Au-delà du tapis : le mobilier et les objets
Un projet peut réunir le sol et ce qui l'entoure, parce que plusieurs collections ont été pensées comme des ensembles. Dans GRAND NORD, le tapis et le fauteuil ont été dessinés ensemble par Messieurs : fauteuils Iceberg, poufs et ottomans sont montés sur structure sapin, en confection tapissière, dans un atelier italien. MINOTOR se prolonge en poufs ronds ou oblongs, en coussins double face et en miroirs Mircur gravés, fabriqués en Italie. BESTIAIRE ajoute des miroirs triptyques en noyer gravé, des poufs et des coussins, et la chauffeuse LUKAN de Christian Signorel, en chêne massif teinté noyer et velours de coton, complète l'ensemble. Ces prolongements sont présentés dans coussins, poufs, miroirs.
Les pièces se voient au showroom de la rue du Bac, à Paris. Les adresses et les modalités de rendez-vous figurent sur la page showrooms.
Texte rédigé par la maison Diacasan Edition à partir des entretiens avec Sandrine Demas sur la stratégie et la matière, des réalisations publiées sur notre site et des échanges avec nos ateliers, octobre 2026.
Questions fréquentes
Quel tapis choisir pour un restaurant ?
Un tapis de restaurant se choisit d'abord pour la place qu'il occupe dans la salle et pour le temps dont dispose le chantier. Un tufté main, réalisé plus rapidement, permet souvent de tenir le calendrier d'une ouverture ; le noué main convient aux pièces appelées à durer et à se patiner. Dans un restaurant du sixième arrondissement de Paris, la maison a posé un CHAMP DE BLÉ coloris Sable sous la grande table de la salle du fond. La matière et l'entretien se décident ensuite avec la maison, selon l'usage.
Un décorateur peut-il faire réaliser un tapis aux dimensions d'une pièce ?
Oui, dans le cadre d'un projet. La maison peut décliner une pièce de ses collections dans un format ou un coloris adapté au lieu, ou développer avec le prescripteur une pièce propre à l'espace, avec ses ateliers du Népal ou d'Inde. Des échantillons sont réalisés avant la fabrication pour valider la couleur et le velours. Le délai dépend de la technique : quelques mois pour un tufté, quatre à six mois pour un grand format noué main.
Quel délai prévoir pour un tapis noué main grand format ?
Il faut compter quatre à six mois de travail pour un grand format noué main au Népal, parce que chaque point est noué à la main et que la fabrication continue après le métier : lavage, raclage, mise en tension, stabilisation. Les pièces de collection plus petites ont des délais indiqués sur leur fiche. Pour un chantier aux délais serrés, comme un lobby d'hôtel, le tufté main réalisé en Inde est souvent la solution retenue.
Noué ou tufté, que choisir pour un hôtel ?
Cela dépend du calendrier, du format et du dessin. Le noué main du Népal, souple et appelé à se patiner, convient au grand résidentiel et aux suites où la pièce doit durer ; il se plie, ce qui simplifie le transport des grands formats. Le tufté main d'Inde tient des délais plus courts et rend très bien les dessins graphiques et les blancs nets en laine de Nouvelle-Zélande. La maison a par exemple posé une pièce NEPALESE RUGS nouée au Népal dans une suite d'hôtel à Varanasi.
Où voir les collections Diacasan à Paris ?
Au showroom de la rue du Bac, dans le septième arrondissement de Paris, dont la scénographie a été signée en 2023 par le studio Messieurs. Les tapis y sont présentés dans des niches qui donnent à chacun sa lumière, avec une partie du mobilier et des objets des collections. C'est l'endroit le plus juste pour comparer le noué et le tufté au toucher, et pour juger une couleur avant de la prescrire. Les coordonnées figurent sur la page showrooms.
