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La géométrie, de MINOTOR à la ligne

Christian Signorel dessine à plat, au crayon. Ses lignes deviennent MINOTOR, puis sa nouvelle version, où le relief remplace la densité des couleurs. La main tient le trait.

La géométrie, de MINOTOR à la ligne

Deux couleurs par tapis, et du relief. C'est ainsi que MINOTOR 2.0 reprend, cette saison, la géométrie que Christian Signorel a installée dans la maison avec MINOTOR. Un tapis géométrique, au sens où nous l'entendons, est un tapis dont le dessin tient tout entier par la ligne. Lignes droites, courbes, cercles concentriques et structures qui se croisent organisent la surface, et la forme même du tapis, ronde, oblongue ou en nef, fait partie de la composition. Chez Diacasan Edition, cette géométrie a un auteur. Elle est dessinée à plat par un designer, puis traduite en laine par notre atelier en Inde, en tufté main, avec lequel la maison travaille depuis vingt-cinq ans. Ce qui distingue un tapis graphique d'un autre se voit donc en deux endroits : dans la précision du trait, et dans la façon dont l'atelier la tient une fois le dessin agrandi au sol.

D'où vient la géométrie de MINOTOR ?

Elle vient d'une feuille. Christian Signorel travaille à plat, sur de grands formats, au crayon puis à la couleur. Designer de formation, il refuse de séparer l'objet et le motif : le geste graphique précède la pièce et la porte. Sa page artiste parle d'une obsession de la perspective, et la directrice artistique le dit plus simplement : « Chez lui, tout naît de la ligne. »

Avec MINOTOR, cette ligne compose de vrais tableaux abstraits. Lignes, courbes et structures se chevauchent avec densité, les couleurs pures s'opposent, les contrastes sont soulignés. Le Nef y déploie une géométrie céleste en cercles concentriques ; le Rond met un cercle en mouvement. La collection porte un nom de labyrinthe, et les miroirs Mircur qui l'accompagnent le rappellent : leur verre est gravé de fines lignes qui évoquent des méandres sans fin.

Ce premier projet a été une épreuve. La pièce était dense, chargée, difficile à traduire en tuftage. L'atelier en Inde a mis plusieurs semaines à trouver le point juste, celui qui garde la puissance du dessin sans sacrifier la douceur du tapis. Ce test est devenu une méthode, que l'on pourrait résumer ainsi : tenir le graphique, ajuster la matière.

La forme du tapis fait partie du dessin

Un tapis géométrique se lit d'abord par son contour. MINOTOR existe en rond, en oblong et en nef, et ces formats comptent autant que le motif : chacun est une décision de dessin. La nef est devenue la pièce emblématique de la collection, celle qui fait son effet à chaque présentation. L'oblong étire le tracé, le rond le ramène vers son centre.

Christian Signorel applique le même principe à BESTIAIRE, où la forme des tapis vient des camées gréco-romains et des cartouches égyptiens. Le contour y porte déjà une référence avant même que l'œil n'entre dans le motif. Pour un amateur de dessin, c'est souvent là que la pièce se joue : une silhouette posée au sol qui se reconnaît de loin, comme une signature.

MINOTOR 2.0 : le même dessin, une autre lecture

MINOTOR 2.0 garde les graphismes d'origine et change leur mode d'apparition. Chaque tapis se joue en deux couleurs seulement, et le relief entre dans la pièce. Nous en avons fait réaliser des prototypes à différentes échelles pour vérifier que le dessin tenait, et chaque couleur a été essayée dans les deux sens. Le rond n'a pas été repris : la collection conserve ses formats Oblong et Nef, les plus reconnaissables.

Les six coloris sont empruntés à la pierre, de l'Argile au Calacatta, en passant par l'Azurite, l'Emperador, le Levanto ou l'Onyx. La matière associe la laine et le Tencel, tuftés main en Inde. Le relief fait le reste : il fait jouer la lumière sur les volumes là où la première version faisait jouer les couleurs entre elles. Nous avons détaillé ce travail dans notre article sur le relief dans un tapis.

Pourquoi ce changement ? Parce que certains amateurs de MINOTOR aimaient le dessin sans se voir vivre avec une telle densité de couleurs. La version 2.0 garde l'identité du trait et entre plus facilement dans des intérieurs classiques. La géométrie reste la même. Elle se fait plus discrète.

Que devient la géométrie hors de MINOTOR ?

Elle se ramifie. Dans BESTIAIRE, Christian Signorel part d'un poulpe repéré dans une mosaïque de Pompéi et joue avec les courbes et les méandres : Poulpo, Scarab, Hydre deviennent des figures très graphiques, où le vivant est tenu par la ligne. Les coussins de Christian Signorel prolongent cette écriture. Scarab ramène le scarabée d'Égypte à la symétrie et aux ailes déployées ; Hydre fait bifurquer chaque ligne sans perdre son centre ; Colisée garde de l'architecture romaine l'arche et la répétition de la pierre cintrée. LUKAN, plus retenue, laisse la géométrie reprendre la main sur une chauffeuse en chêne massif.

D'autres artistes de la maison abordent la ligne autrement. Renaud Allirand, peintre-graveur, l'écrit ainsi à propos de SUR LE FIL : « Architecture changeante, de courbes et méandres le fil devient ligne droite. » Chez lui, la ligne naît de la gravure et se noue main au Népal. Chaque écriture reste distincte, et c'est voulu : chaque collection garde la main de son auteur, ce que nous appelons le travail d'éditeur de tapis.

Où placer un tapis graphique ?

Là où l'architecture répond déjà. Un MINOTOR va très bien dans les appartements haussmanniens, où ses lignes dialoguent avec les moulures et les parquets ; il s'adapte assez bien partout, à condition d'avoir envie d'une pièce qui affirme un dessin. Dans la scénographie du showroom de la rue du Bac, un MINOTOR Cuivre de forme ovale a pris place dans la grande niche du fond, son motif épousant la courbe du béton.

Le reste est une affaire de contexte. Dans un intérieur déjà très coloré, mieux vaut une pièce sobre, et MINOTOR 2.0, avec ses deux couleurs, répond à cette situation. Dans un intérieur plus calme, la première version apporte la couleur et devient le repère de la pièce. Celui qui choisit un tapis de Christian Signorel ne cherche pas une ambiance. Il reconnaît une main, une signature, la cohérence d'une collection.

MINOTOR : rond, oblong ou nef. Laine, tufté main en Inde.

Texte rédigé par la maison Diacasan Edition à partir des entretiens avec Sandrine Demas, des fiches de la collection et des échanges avec notre atelier en Inde, octobre 2026.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un tapis géométrique ?

C'est un tapis dont le dessin repose sur la ligne : droites, courbes, cercles, structures qui se croisent ou se répètent. Ce qui fait sa qualité, c'est la précision du trait et la manière dont il est tenu une fois agrandi au sol. Chez Diacasan, la géométrie est signée par un artiste, Christian Signorel, et la forme du tapis, ronde, oblongue ou en nef, fait partie de la composition au même titre que le motif.

Quelle différence entre MINOTOR et MINOTOR 2.0 ?

MINOTOR 2.0 reprend les graphismes de Christian Signorel avec deux couleurs seulement par tapis et introduit le relief. La collection est éditée en formats Oblong et Nef, en six coloris empruntés à la pierre, de l'Argile au Calacatta, en laine et Tencel tuftés main en Inde. La première version, en laine, joue davantage sur la densité des couleurs et existe aussi en rond. Les deux gardent la même signature graphique.

Un tapis géométrique convient-il à un appartement haussmannien ?

Oui, et c'est même l'un des lieux où MINOTOR se place le plus naturellement. Ses lignes répondent aux moulures et aux parquets anciens sans les imiter. Si la pièce est déjà riche en couleurs ou en objets, nous conseillons plutôt MINOTOR 2.0, plus sobre avec ses deux couleurs et son relief. Le plus sûr reste de venir voir les formats au showroom de la rue du Bac avant de décider.

Quelles formes existent pour les tapis MINOTOR ?

MINOTOR existe en trois formes : rond, oblong et nef. Le rond est édité en plusieurs diamètres, dont Ø90 et Ø280 sur la fiche de la pièce, et la nef existe notamment en 90 x 90. MINOTOR 2.0 conserve l'Oblong et la Nef. Pour une dimension liée à un projet, le showroom étudie la demande avec l'atelier.

Comment sont fabriqués les tapis de Christian Signorel ?

Les tapis MINOTOR et BESTIAIRE sont tuftés main en Inde, dans l'atelier avec lequel nous travaillons depuis le voyage fondateur de la maison. MINOTOR est en laine ; MINOTOR 2.0 associe la laine et le Tencel. Lors du premier MINOTOR, l'atelier a mis plusieurs semaines à trouver le point capable de restituer la densité du dessin. Chaque nouvelle pièce demande ensuite sa propre mise au point.