Le bleu de la maison, de la vitrine de la rue du Bac à la laine
Il n'a pas d'histoire, dit celle qui l'a choisi. Le bleu de la maison est pourtant partout : sur la vitrine de la rue du Bac, dans le cobalt de MINOTOR, dans le blanc de GRAND NORD.
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Rue du Bac, la vitrine est bleue. On la reconnaît depuis le trottoir d'en face, et même depuis la vitre d'un taxi qui passe. Ce bleu est la couleur de Diacasan Edition. Il ne vient d'aucun artiste, d'aucune collection, d'aucune commande : il vient de Sandrine, qui le résume ainsi : « Le bleu c'est l'horizon, c'est le ciel, c'est la mer, c'est l'océan. » Pour qui cherche un tapis bleu, cette origine compte, parce qu'elle explique pourquoi la couleur revient d'une collection à l'autre sans jamais se répéter. Elle prend la forme du cobalt chez Christian Signorel, celle de l'azurite dans la nouvelle version de MINOTOR, celle d'un bleu arctique posé contre le blanc chez Messieurs. Chaque fois, une laine, une technique et un dessin différents la recomposent. Le bleu de la maison se suit à travers les pièces, comme une direction plus que comme une teinte de nuancier.
Une couleur sans légende
Le bleu Diacasan n'a pas de récit fondateur. Quand on demande à la directrice artistique d'où il vient, elle répond qu'il n'y a pas d'histoire : c'est sa couleur. Elle aime toutes les couleurs, le vert aussi, mais le bleu un peu plus que les autres. Elle l'a posé sur sa vitrine sans grand calcul. La pensée de l'horizon est venue après, assez récemment, comme une explication trouvée en regardant ce qui était déjà là.
Cette absence de légende renseigne. Elle dit que le bleu n'a pas été inventé pour un lancement, ni emprunté à une œuvre. Il précède les collections. On le trouvait déjà dans le premier logo de la maison, un rectangle d'un bleu plus clair, presque ciel, que l'éditrice faisait figurer aux coins de ses tapis. Depuis, la couleur a gagné en profondeur et en surface : la façade, le camion de la maison, le showroom. Le studio Messieurs, qui a travaillé sur le concept du magasin, parle d'« expérience bleue ». La formule lui plaît.
D'où ce constat simple : le bleu n'a pas de collection à son nom. Il se reconnaît, d'une pièce à l'autre, comme une signature.
Que change l'horizon, pour un tapis ?
L'horizon donne une direction plutôt qu'un motif. Aucune pièce de la maison ne raconte le bleu Diacasan à elle seule. La couleur revient, portée par des artistes qui ne se ressemblent pas, avec la manière de regarder qui l'accompagne. « Je regarde toujours loin devant », dit encore la fondatrice. Dans un tapis, cela se traduit très concrètement : le bleu travaille souvent comme une ligne de fond, une couleur qui ancre une composition et laisse les autres teintes circuler autour d'elle.
Le paysage est la seule image que la maison accepte autour de cette couleur. Le ciel au-dessus d'une côte, la mer vue de loin, la glace sous une lumière froide. Rien de plus, et rien qui ne figure dans la phrase d'origine. C'est une règle de la maison : on ne brode pas autour d'un mot qui a été dit simplement.
Où trouve-t-on le bleu dans les collections ?
Le bleu le plus fréquent est le cobalt de Christian Signorel. Dans MINOTOR, il n'apparaît pas dans chaque coloris, mais il y revient souvent, et il a donné son nom au pouf rond Cobalt comme au miroir Mircur Bleu Cobalt, verre teinté biseauté autour d'un miroir central bombé. Dans BESTIAIRE, le même cobalt habille le poulpe venu de Pompéi, sur le pouf Poulpo. Ces pièces sont tuftées main en Inde pour les tapis, confectionnées pour les assises.
MINOTOR 2.0 a changé de vocabulaire. Ses coloris sont empruntés à la pierre, de l'Argile au Calacatta, et le bleu y prend le nom d'Azurite : une forme Oblong ou Nef, un tapis en laine et Tencel, un relief qui fait jouer la couleur avec la lumière. Le même nom se retrouve sur le pouf Azurite, en cuir matelassé.
Du côté du noué main, le bleu change encore de texture. NEPALESE RUGS en donne une version sur le tapis Santa Fe, coloris Cobalt, en laine de l'Himalaya nouée au Népal. Dans SPATIAL, Emmanuel Thibault signe Idol, dont l'un des coloris est un bleu en viscose nouée main. Jean-Paul Espinosa, enfin, décline son motif Forêt de Cristal en coussin de sol bleu, dans la collection PAINTINGS.
Ces bleus restent distincts. Posé à côté d'un tapis MINOTOR, un coussin GRAND NORD le montre aussitôt : ce n'est plus le même bleu. La maison le sait et compose avec, plutôt que de chercher une teinte unifiée qui effacerait les artistes.
Bleu et blanc, la banquise de GRAND NORD
Pour qui cherche un tapis bleu et blanc, la réponse de la maison s'appelle GRAND NORD. Le studio Messieurs y fait répondre le bleu arctique au blanc d'une laine généreuse et ébouriffée. Les tapis Nanuk, Arctique et Banquise portent l'ours polaire et ses empreintes. Les fauteuils, ottomans et poufs Iceberg et Ice Cube reprennent la palette dans deux tissus bouclette, dont Excentric, moucheté de bleu.
Le blanc, ici, compte autant que le bleu. Sans lui, la couleur perdrait sa lumière de glace. C'est l'une des rares collections où le bleu de la maison se lit d'abord comme un paysage.
Choisir un tapis bleu chez soi
Un tapis bleu se choisit en regardant la pièce, pas seulement la couleur. Dans un intérieur déjà très coloré, Sandrine Demas conseille de rester sobre et de laisser au tapis un rôle d'appui. Dans un intérieur plus calme, un MINOTOR apporte la couleur et devient le point qui organise le reste. Le relief de MINOTOR 2.0 ou la laine de l'Himalaya d'un noué main ajoutent une donnée : la lumière. La laine filée main la capte différemment selon l'angle et l'heure, si bien qu'un même bleu ne se montre pas de la même façon le matin et le soir.
C'est pour cette raison qu'un bleu se juge mieux sur place. Au showroom de la rue du Bac, dont la scénographie a été repensée par Messieurs, les pièces sont présentées dans des niches qui rendent chaque tapis à sa lumière propre. C'est là que plusieurs bleus se comparent le mieux entre eux, sous une lumière qui n'est pas celle d'un écran.
Ce va-et-vient entre une couleur personnelle et des artistes très différents résume assez bien le métier d'éditeur de tapis. À l'écran, nous fixons le bleu de la maison en #001AA0. Dans la laine, il se recompose à chaque teinture.
Texte rédigé par la maison Diacasan Edition à partir des entretiens menés avec sa fondatrice et des fiches de nos collections, octobre 2026.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le bleu Diacasan ?
C'est la couleur de la maison, choisie par celle qui l'a fondée et qui la décrit comme l'horizon, le ciel, la mer et l'océan. Elle n'est attachée à aucune collection en particulier : on la voit sur la vitrine de la rue du Bac comme sur le camion de la maison, et elle revient dans de nombreuses pièces, sous des noms différents comme Cobalt ou Azurite. Sur le site, nous la fixons en #001AA0 ; dans la laine, sa nuance dépend de la fibre, de la teinture et de la technique.
Le bleu Diacasan vient-il d'un artiste ?
Non. Le bleu appartient à la maison et précède ses collections : il figurait déjà, dans une version plus claire, sur le premier logo que nous apposions aux coins de nos tapis. Les artistes que nous éditons le croisent, chacun à sa manière, Christian Signorel avec son cobalt, Messieurs avec le bleu arctique de GRAND NORD, mais aucun d'eux ne l'a créé. C'est une couleur personnelle devenue la couleur d'une maison, sans légende ajoutée.
Quels tapis bleus trouve-t-on dans les collections Diacasan ?
Le cobalt revient souvent dans MINOTOR et dans BESTIAIRE, de Christian Signorel, tuftés main en Inde. MINOTOR 2.0 décline un coloris Azurite en laine et Tencel. En noué main, le tapis Santa Fe de NEPALESE RUGS existe en Cobalt, en laine de l'Himalaya, et le tapis Idol de SPATIAL existe en bleu. GRAND NORD associe le bleu arctique et le blanc. Pour un bleu marine précis, le mieux est de comparer les échantillons au showroom.
Un tapis bleu et blanc, dans quelle collection ?
GRAND NORD, signée par le studio Messieurs, est la collection où le bleu et le blanc se répondent le plus nettement. Le bleu arctique y est posé contre une laine blanche, généreuse et ébouriffée, sur les tapis Nanuk, Arctique et Banquise. Les fauteuils et poufs de la collection reprennent la palette dans des tissus bouclette, dont un moucheté de bleu. L'ensemble peut se composer autour d'un seul tapis ou d'un salon entier.
Le bleu d'un tapis change-t-il avec la lumière ?
Oui, et c'est particulièrement visible sur la laine. La laine de l'Himalaya filée main, employée pour nos tapis noués au Népal, capte la lumière différemment selon l'angle et l'heure : le même bleu ne se montre pas de la même façon le matin et le soir. Le relief de MINOTOR 2.0 joue lui aussi avec la lumière, qui accroche ses volumes. Nous conseillons de voir la pièce au showroom, et si possible de la regarder à plusieurs moments de la journée.
